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Rapport de visite du centre hospitalier de Lavaur (Tarn)

Rapport de visite du centre hospitalier de Lavaur (Tarn)

Le rapport de visite a été communiqué, conformément à la loi du 30 octobre 2007, au ministère de la santé auquel un délai de huit semaines a été fixé pour produire ses observations. A la date de publication de ce rapport, aucune observation n’a été produite.

 

Synthèse

Le centre hospitalier de Lavaur (CHL), établissement de santé public, a reçu pour la première fois la visite des contrôleurs du CGLPL pour une visite de son secteur de psychiatrie. Cet établissement général prend en charge des patients du Sud-Ouest du département du Tarn, met à disposition un total de 602 lits et places et emploie plus de 900 personnes sur deux sites principaux Pinel et Guiraud.

Après la visite, un rapport provisoire de constat a été adressé aux autorités administratives et judiciaires concernées. Les remarques en retour du chef d’établissement, seul à avoir répondu, ont été prises en compte dans l’élaboration du présent rapport définitif.

Le centre psychothérapique Pinel a ouvert ses portes en avril 1967 pour les 170 717 habitants des secteurs 81G04 et 81G05 ; la psychiatrie se déploie sur treize sites dans le sud du département pour une population en partie en situation de précarité, avec d’importantes difficultés de déplacement.

La vétusté observée de certains locaux du secteur G04 a naturellement des conséquences importantes aussi bien sur les conditions de travail des professionnels de santé que sur la prise en charge globale des patients déjà en situation de vulnérabilité.

Les capacités d’investissement sont faibles et les ambitions résident dans le nouveau schéma directeur immobilier et la reconstruction de la clinique du Pech avec vingt-trois lits Les autres unités la Gravette (trente lits) et la Serene (dix-neuf lits) offrent des conditions d’hébergement de meilleure qualité.

A la demande de l’agence régionale de santé, la nouvelle organisation du CHL repose depuis septembre 2017 sur une gouvernance tripartite (un médecin chef de pôle, un cadre supérieur de santé, une directrice déléguée). Par ailleurs, le départ programmé d’une partie du personnel infirmier très expérimenté, amène à trouver de nouvelles stratégies pour développer rapidement la formation pratique des jeunes professionnels qui sont recrutés chaque jour.

Le CHL n’est pas concerné par la gestion d’une sur-occupation des lits qui ne se produit pas et le nombre de patients admis en soins sans consentement est faible ; le principe de la liberté de circulation des personnes est respecté et les restrictions au niveau de la vie quotidienne sont peu nombreuses.

L’implication du personnel soignant permet déjà d’offrir des activités thérapeutiques et occupationnelles de qualité ; mais le renfort de ce personnel, qui parfois s’épuise, paraît indispensable au niveau de certaines unités.

Sur le plan psychiatrique la prise en charge est de qualité et l’accès aux soins somatiques est réel. Cependant, un renfort sur le plan de la médecine générale, permettrait réellement à tous les patients, de bénéficier d’autant de consultations qu’il est nécessaire.

Une attention doit être apportée sur les conditions de mise à l’isolement et sur le statut juridique des quelques personnes qui sont concernées, avec une meilleure adaptation par ailleurs des conditions matérielles.