Site du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté

Rapport de visite du service de pédopsychiatrie du centre hospitalier Guillaume Régnier à Rennes (Ille-et-Vilaine)

Rapport de la deuxième visite du dispositif intersectoriel d’hospitalisation psychiatrique de soins pour enfants et adolescents du centre hospitalier Guillaume Régnier à Rennes (Ille-et-Vilaine)

Observations du ministère de la santé – Service de pédopsychiatrie du CH Guillaume Régnier de Rennes

Suivi des recommandations à 3 ans – Service de pédopsychiatrie du Centre hospitalier Guillaume Régnier de Rennes (2e visite)

 

SYNTHESE

Le dispositif intersectoriel d’hospitalisation psychiatrique de soins pour enfants et adolescents – DIHPSEA – de Rennes est rattaché au centre hospitalier Guillaume Régnier. Les unités pour adultes avaient reçu la visite des contrôleurs en 2014 ; à cette époque les travaux destinés à réorganiser le site accueillant les unités pour enfants n’étaient pas terminés. C’est chose faite depuis avril 2015.

Le DIHPSEA compte désormais cinq unités offrant une capacité d’accueil de cinquante lits d’hospitalisation complète et quinze places d’hospitalisation de jour, pour des enfants de 10-12 à 18 ans, domiciliés dans l’ensemble du département d’Ille-et-Vilaine.

Les points suivants ont plus particulièrement retenu l’attention :

Les locaux sont neufs et lumineux mais, construits sans prendre réellement en compte le point de vue des professionnels, ils ne sont pas toujours adaptés : l’unité d’hospitalisation de courte durée, qui accueille de jeunes patients en crise, est située à l’étage et ne dispose d’aucun accès direct depuis l’extérieur ; les patients y sont confinés, sans accès à l’air libre. Les autres unités sont bâties sur deux niveaux, ce qui pose des problèmes de surveillance et de sécurité : les espaces de vie et les chambres d’isolement sont au rez-de-chaussée, les chambres d’hébergement sont à l’étage. Globalement, l’espace manque pour les activités. Une nouvelle construction devrait y remédier.

L’organisation médicale repose sur trois pôles qui se partagent la gouvernance du dispositif. Chaque unité se voit attacher un praticien hospitalier psychiatre, selon des quotités différentes, variant d’un temps plein à un mi-temps. En revanche, les équipes paramédicales relèvent de l’autorité d’un seul interlocuteur, cadre supérieur de santé. Au moment du contrôle, il n’existait pas de projet médical fédérateur ; les équipes éprouvaient des difficultés à investir de nouveaux locaux et adapter la prise en charge à un public différent de celui qu’elles suivaient dans les anciens bâtiments, d’autant que, contrairement aux anciens locaux, les nouveaux bâtiments avaient été dotés de chambres d’isolement, ce que les équipes n’avaient pas demandé. Depuis lors, des chambres d’apaisement ont été aménagées mais les chambres d’isolement sont restées.

Dans ce contexte particulier, il semble qu’une équipe – qui a en charge des enfants particulièrement difficiles – fasse preuve d’une rigidité, voire d’un autoritarisme peu adapté. Le médecin responsable estime toutefois que cette équipe est globalement bienveillante et investie auprès des enfants ; elle tente d’instaurer des pratiques plus conformes à l’intérêt des patients. La direction indique avoir mis en place un programme de formation avec supervision et analyse des pratiques, pour l’ensemble des unités ; elle fait savoir que des réunions de coordination ont été mises en place, associant médecins chefs de pôle, direction, praticiens, cadre supérieur de santé et cadres de santé.

Les procédures d’admission et de soins, comme dans une majorité d’établissements, ne sont pas adaptées à la situation de mineurs soumis à l’autorité parentale.